Projet X Zone : RTS, fan service et peut être même plus

Projet X Zone : RTS, fan service et peut être même plus

Au commencement était le trailer…

C’est au détour d’une Fnac que j’ai vu pour la première fois des images de ce mystérieux Projet X (prononcez « Cross ») Zone. Un écran géant diffusant en boucle des trailers, et voila que je tombe sur la promesse d’un jeu de rôle tactique mélangeant des tas d’univers super cool avec des animations ultra kikoo wesh gro ça va pété partout dans ta rétine tellement c’est swagg.

Autrement dit des arguments que n’importe quel individu sain d’esprit et de corps refuserait d’entendre. Alors j’ai continué à suivre le trailer, et grosso modo voila quel était le pitch (version « Flashou je précise ») :

« Hey joueur ? Tu kiffes les jeux vidéo ? Tu aimes la baston ? Les jeux de niche ? La mégadrive ? Tu joues a Super Robot Taisen en Japonais et tu as 9 version de la 3DS ? Alors Project X Zone c’est pour toi mec ! Tout ce que tu aimes dans une seule cartouche : des héros badass, des héroïnes coquinettes, les thèmes musicaux d’origines, des tas de répliques supers cryptiques dont toi seul petit nerd comprendra les références… Oui tout ça c’est là, pour toi ! Achète mec ! Soit un vrai gamer de l’extrême ! Allez fait pas ta p#tasse ! »

Étant donné que je n’aime pas trop qu’une bande annonce me traite de p#tasse (ou p#bol) je me suis arrêté là, mais au bout de quelques temps, comme on dit dans le milieu, j’ai laissé sa chance au produit. Acheté à vil prix, je commençais l’aventure.

C’est l’histoire de plein de mecs…

Si y’a bien une chose qui m’a choqué dans PXZ, c’est la quantité phénoménale de lignes de dialogue INUTILES que contient ce jeu. Pourquoi inutiles ? Parce que franchement c’est un ramassis de poncif répété jusqu’à plus soif et si les 3 premières cartes vous amuseront, la suite sera plus pénible. Petit exemple :

« Oh mon Dieu ! Mais tu es X le célèbre héros des arts martiaux ! »
« Hey mais toi tu es Y le détective  »
« Mais que fait tu là ? Et comment nous sommes nous retrouvés dans ce niveau tout vide ? »
« Je ne sais pas c’est un mystère… Peut-être que l’énergie que je ressens depuis tout à l’heure viendrait d’un cross univers mystérieux ? »
« Hum… c’est mystérieux, ou alors le mystère est là ! Le flux dans le croisements des mondes à formé une altération des faisceaux trans-modulaires ! »
« Mais alors c’est ce qui explique tout ces zombies ! »
« Oh mais oui ! Mais qu’allons nous faire ? »
« Ce sont des zombies Zoxolyste du sub-univers Poupilou… alors ça veux dire que si on les défonce, ils relâcheront l’énergie Néo barystique ! »
« Mais oui ! Et cela provoquera un warp substellaire vers nos dimensions ! Nous devrions unir nos forces ! »
« Tu as raison : il est temps que la poudre parle et que la violence résolve les problèmes ! »
« Oui c’est vrai ! Faisons équipe dans une ambiance de camaraderie et de fraternité ! Et mourons les uns pour les autres même si on ne se connaissait pas y’a 30 sec ! »
« Youpi ! »
« En avant ! Chantons bien haut la chanson des héros ! »
« Super ! Mais j’en connais que la moitié : on peut pas plutôt chanter celle de l’école des champions ? C’est presque pareil non ? »
« Ah bah non ! C’est trop comique… la chanson des chevaliers ? »
« Pas possible je suis un démon cyborg ! »
« Bon alors on meuhmeume la chanson des héros ! »
« Meuhmeume ? »
« Bah oui on chante comme ça : meu meu meu meumeuuuu ! meu meu meu meu meu meu meuuuuu ! »
« Ah ouaiiis ! Allons y compagnon ! »

C’est rigolo hein ? Bah voila c’est comme ça A CHAQUE RENCONTRE AVEC DES NOUVEAUX PERSOS ! Et comme pendant les 15 / 20 premiers niveaux vous ne faites que ça, ces dialogues a rallonge deviennent SUPER pénibles. Alors bien sur, il y’a un peu de fan service avec des références (plutôt pointues à mon gout) qui font que on s’accroche à ses dialogues, mais Dieu que c’est long. Oh mais au fait : vous ai je dis qu’il y’avait la même chose avec les meuchants ? (oui parce que dans ce jeu les méchants sont plutôt « meuchants ») À savoir des plombes de blabla supra cosmique sur un plan maléfique « Ohohoh ! Tout se met en place c’est parfait » avec des personnages dans l’ombre et patati et patata… STOP ! N’en jetez plus bon sang !

Si cette introduction ne vous à pas refroidi vous allez pouvoir profiter d’un casting 5 étoiles qui voit se mélanger une trentaine de licence phare entre Sega, Namco et Capcom (ce dernier présentant surement les persos les plus populaires). Ça nous donne Street Fighter avec Chun Li, Ken et Ryu, Tekken avec Heiachi, Jin Kazama et Lin Xiaoyu, Valkyrie Chronicles 2 avec Kurt et Riela, Sakura Wars avec Gemini, Erica, Sakura et Ichiro… Bref y’en a pour tous les gouts et tous les styles.

Et si ça ne vous suffit pas, Bandpresto (spécialiste du cross over avec notamment la cultissime saga Super Robot Taisen) vous offre comme à son habitudes des persos « originals » créés spécialement pour l’occasion. Ici en l’occurrence c’est le tandem Kogorō Tenzai & Mii Kōryūji. Le premier est un dandy ninja détective qui sert de tuteur et garde du corps à la Mii, une riche héritière qui n’a pas son pareil avec les armes à feu et accessoirement se trouve être un hommage poignant a l’art du Ecchi. Tiens d’ailleurs ça me fera un super prochain chapitre !

Boys and Girls

(J’en profite pour vous caser cette super chanson que je trouve absolument géniale et même que ça n’a rien à voir avec le jeu !)

Ce qu’il y’a d’effarant avec ce casting, c’est de voir à quel point tous les personnages sont moulé dans un des 2 / 3 archétypes que ce soit graphiquement ou « psychologiquement » (oui, je trouve qu’utiliser ce terme sans guillemets ça serait donner un peu trop d’importance aux 3 pauvres lignes décrivant la psychés de héros ce résumant par « Il est cool et adore les pizzas » – Non Dante je ne te vise pas… enfin pas que toi !) Si je reprend le personnage « original » de Mii, qu’est ce qu’on a au final ?

  1. Une héroïne au physique de Pin Up : Longues jambes, petite jupette, bustier soutenant une lourde poitrine qui ne demande qu’a bouger lors des animations.
  2. Une combattante mêlant arme a feu et pouvoir psy. Le corps à corps brut de pomme, ça reste un truc de mec.
  3. Une riche pourrie gâtée apparemment superficielle, mais qui au fond est gentille (Oh ça alors !) ou bien si on veut faire plus Otaku, classez là dans le registre « Tsundere. »

Et tous les persos sont comme ça ! Clichés jusqu’à la moelle, avec toujours les mêmes archétypes visuels et/ou « psychiques » qui reviennent. Les gars sont des badass avec des grandes vestes avec pleins de boucles dessus, les filles ont des tenues laissant entrevoir ici un peu de culotte, là un peu de décolleté, si on à de la chance un peu des deux, il y’a aussi les personnages « mignons » comme Tron Bonne (qui porte quand même une sorte de cache sexe plaqué sur son pantalon moulant… je trouve ce truc horriblement dérangeant !) ou Neneko (qui bien sur à des oreilles de chat et parle comme une enfant débile).

Ces personnages viennent de partout, on ne peut donc pas dire que c’est le jeu qui est archétypal… mais tout bonnement la production et le chara design en général. PXZ nous permet de voir que la créativité est plutôt en berne dès lors qu’il s’agit de sortir un personnage neuf et c’est bien triste.

Bon t’arrête de nous pourrir le groove : Le jeu c’est comment ?

Déjà je vous trouve assez cavalier de m’interpeller a travers mes propres titres de paragraphe, mais en plus vous employez un langage de margoulin !

Bon… sortons de toutes ces considérations, et voyons le jeu : Du tactical dans un environnement 3D, un sol quadrillé avec des bonus caché sur la map sous forme de décor a détruire, et des ennemis en veux tu en voila. Selon sa caractéristique speed, le personnage (placé automatiquement par le jeu au départ) jouera plus au moins tôt. Coté tactique, il est déjà intéressant de pouvoir gérer l’initiative (on détruit en priorité les ennemis qui sont sur le point de bouger pour laisser la priorité a ses équipiers) mais la gestion de l’espace aussi est importante : vous pouvez en effet vous déplacer sur le terrain non pas en fonction de point de déplacement, mais de zone d’effet. Par exemple si vous pouvez vous déplacer de 12 cases, vous pouvez très bien aller chercher un bonus 12 cases vers le bas, puis une fois cela fait, remonter 12 cases vers le haut (soit 24 cases depuis le bonus !) pour aller attaquer un ennemi.

La aussi, fait intéressant, vous pouvez attaquer à distance, et faire équipe avec vos voisins de cases pour faire encore plus de dégâts. Et justement, c’est dans la façon de faire des dégâts ou PXZ se détache du lot des TRPG en y ajoutant une petite partie arcade sympatoche : Lorsque vous attaquez un adversaire, celui ci n’est qu’un punching ball qui ne fait que subir. Vous devez donc lui faire un maximum de dégâts avant que ça ne soit son tour (et oui, lui aussi vous tabassera sans que vous puissiez répondre… enfin presque mais on verra après). Vous disposez de 3, 4 ou 5 attaques en fonction de vos capacités. Chaque attaque se lance via une combinaison entre la touche A et une direction. Lorsque vous lancez une attaque, vos personnages vont lancez une série de coup avant de revenir a leur position de départ : le but du jeu est alors d’enchaîner les attaques pour maximiser les dégâts infligé (du genre en lançant une attaque haute au bon moment pour profiter d’un juggle). Cerise sur le gâteau, si vous arrivez a frapper votre ennemis avec chacune de vos attaques possible, vous en gagnez une supplémentaire. Mais les combo ne font pas que des dégâts, ils servent aussi à charger une barre spéciale appelé XP. Attention, ce n’est pas pour faire de l’expérience (ça c’est la barre d’EXP) l’XP c’est un peu le petit plus de PXZ.

PXZ : XP VS EXP

L’XP est une sorte de barre d’énergie qui permet d’activer des skills et des supers capacités : soins, augmentations de vitesses, plus de porté d’attaque, plus de dégâts… Il y’a déjà beaucoup de possibilité. Sachant qu’en plus, on peut utiliser autant de skill qu’on veut par tour (du moment qu’on a assez d’XP dans sa barre pour les lancer) on a là un petit plus tactique pas vilain puisque la barre ne peut monter que jusqu’à 150%. Et là où ça se complique, c’est que l’XP est la seule chose qui permet de limiter la casse quand l’ennemi (toujours en surnombre) nous attaque ! Pour 20% on limite les dégâts subis, et pour 60% on les annule complètement. Alors faut-il lancer un soin à un allié au bout du rouleau ou bien économiser pour avoir de la défense face à la meute d’ennemi qui va jouer avant nous ? Vaut-il mieux utiliser 100% pour une attaque multiples sur 3 cibles ou bien concentrer ces 100% sur un seul ennemi pour faire une attaque spéciale surpuissante ?

Si au début je ne comprenais pas du tout la pertinence de ce système, c’est lorsque mes persos ont eut affaire à une vraie opposition que la gestion de l’XP est devenue critique. Bien gérer les ennemis, c’est savoir « farmer » de l’XP au bon moment avec le bon perso pour utiliser la bonne skill. C’est aussi bien anticiper les attaques ennemis… Bref une vraie dimension stratégique le tout mâtiné d’action lors des phases de combats.

Je parlais du soutien des « voisins » de cases, ceux ci interviennent sous forme d’attaques parallèles à la votre que vous lancez via les gâchettes. Non seulement ce soutien augmente les dégâts, mais si jamais vous tapez en même temps que votre binôme, vous activez une Cross Attack symbolisé par un gros X sur la cible. Tant que le X est affiché, la cible est figée (donc plus facile a dérouiller) et en plus vous gagnez de l’XP rapidement. Mais plus important encore, l’XP au dessus de 100% ne se gagne QUE via des Cross Attack. Sachant que vous ne pouvez en lancer que 2 par combats (un perso de soutien qui fait parti de votre escouade plus éventuellement une team proche de vous) il faut donc la jouer finaud et attendre le bon moment pour maximiser l’effet et bénéficier du Cross au meilleur moment.

Ajoutez à tout ça la possibilité d’ajouter à vos persos 2 pièces d’équipements, et vous aurez une vision relativement complète des capacités stratégiques de PXZ.

« On fait le bilan, tranquillement » (air connu)

PXZ est un jeu sympathique à plus d’un titre. Même si je n’oserai pas le comparer à un Disgaea ou un Fire emblem, il reste un jeu intéressant et plus profond qu’il n’en a l’air. Son coté action apporte un mécanisme qui rend les affrontements un peu moins joués d’avance (ça pourra rebuter les puristes du TRPG, perso j’ai bien aimé) tout en gardant une dimension tactique et stratégique indiscutable. Techniquement ça ne fera pas exploser les puces de la 3DS (la map en 3D est plutôt bof ) mais la direction artistique marche bien et est cohérente, ce qui n’était pas gagné d’avance avec autant de séries mélangées (chacune ayant un touche visuelle distincte.) L’effet 3D rend vraiment bien et joue a fond son rôle « d’enjoliveur » graphique. Musique et SFX sont de bonne facture, avec notamment les voix d’origines des différents protagonistes ainsi que leurs musiques respectives réorchestrées pour plus de cohérence.

PXZ est donc totalement recommandable pour peu que vous ayez envie de tenter un genre un peu différent, et que vous preniez le risque de faire face a la répétitivité parfois exaspérante de son contenu. Passés ces deux écueils, vous aurez un bel objet de fan service entre les mains qui vous tiendra en haleine de nombreuses heures.

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