L’école du jeu

L’école du jeu

Un bon argument pour truander quelques heures de jeu vidéo en plus à ses parents quant j’étais jeune, c’était de dire « Mais mamaaaan, c’est en anglais : c’est comme réviser mes cours ! » ou bien « Mais Papaaaaa, c’est un jeu historique : c’est comme lire un livre ! » ou alors le plus risqué « Mais Mamiiiiie, c’est un jeu où le héros pourfend des démons : c’est comme le catéchisme ! »

Apprendre par le jeu vidéo à été un argument souvent cité par les défenseurs du vidéo-ludisme, il n’empêche que cet argument m’a toujours parut fallacieux. Avec l’âge, je peux maintenant faire la somme des connaissances que j’ai gagné via le jeu, et je n’irai pas jusqu’à inciter des parents à remplacer 4h de cours d’histoire géographie par semaine par l’équivalent sur Civilisation V (fusse-t-il un grand jeu admirablement documenté).

Le jeu est il donc condamné à n’être qu’un loisir autosuffisant qui n’apporte qu’une stimulation basique de l’encéphale en visant si possible les zones les plus primitives ? Bien sur que non. Le jeu peut viser à enseigner et il dispose de tous les atouts pour cela, sauf que bien souvent la situation ne s’y prête pas. Car si Civilisation n’est pas un cours d’histoire, il lui fait remarquablement bien écho.

Si je me suis mis à apprendre l’anglais en jouant au jeu vidéo, ce n’est pas parce que le jeu était conçu pour m’apprendre, c’est simplement que mon envie de jouer devait franchir l’étape de la langue et ce n’est pas le jeu qui m’a appris (merci le dico) mais par contre, il a été ma motivation. Le jeu a été aussi utile car il m’a offert l’immersion linguistique dont j’avais besoin. J’étais confronté à la langue avec aucune bouée de secours si ce n’est mon sens de la débrouille (« Ok je met pause et je choppe le dico » ou « Ah tout à l’heure il à dit ce mot là, alors c’est ÇA l’objet que je devais trouver« ). Cet apprentissage de la langue, on le sait, est plus efficace car immergé dans un contexte stimulant.

Le jeu crée des envies chez nous liée aux impératifs de victoires. Il nous faut comprendre l’univers du jeu pour parvenir a nos fins.

Certains se sont outré de voir des gens apprendre l’histoire via Civilisation en argumentant que c’était une vision trop occidentale, que certaines données étaient historiquement contestable… j’ai envie de dire peu importe : mieux vaux une culture qui souffre de défaut que pas de culture du tout.

Apprendre puis se corriger c’est l’apanage de toute discipline.

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